Dents dévitalisées : Attention !

Vous avez une dent dévitalisée, vous pensez que cette dent ne vous posera plus de problème et ne vous fera plus jamais souffrir.
Vous avez sans doute raison. Mais attention, une dent dont la dévitalisation s’avère incomplète peut avoir des conséquences graves sur l’état de santé général.

 

1. CAS D’UNE DEVITALISATION COMPLETE

Rappel de la circulation sanguine :
La dent est un organe vivant. Comme dans tous les autres organes, le sang circule à l’intérieur de la dent. La dent reçoit le sang de la circulation générale, et le sang repart dans la circulation générale.

Conséquences d’une carie non soignée:
Lorsqu’une carie atteint la pulpe il y a un envahissement bactérien. Les canaux sont infectés jusqu’à leur extrémité.

Conséquences des canaux infectés : 

Le dentiste doit intervenir en effectuant une dévitalisation ou « traitement radiculaire ».
Ce traitement comporte 3 phases qui doivent être parfaitement exécutées.
• Elimination du nerf et des vaisseaux infectés.
• Stérilisation des canaux afin d’éliminer complètement toutes les bactéries.
• Obturation des canaux avec une pâte appropriée afin d’obtenir une parfaite étanchéité.

Le traitement radiculaire peut provoquer pendant quelques jours des sensibilités lors de la mastication qui s’estomperont spontanément.
Même dépulpée la dent peut continuer à se carier.
Habituellement la dent est ensuite couronnée. Le canal étant complètement obturé, les bactéries éliminées, la dent ne posera pas de problème infectieux, même plusieurs années après.

 

2- CAS D’’UNE DEVITALISATION INCOMPLETE

Si l’intégralité des canaux n’est pas complètement obturée, dans les endroits restés vides il y a encore des bactéries.

 

Conséquences de l’action des bactéries :

Les bactéries enfermées dans la dent sont des bactéries anaérobies, c’est à dire qu’elles n’ont pas besoin d’oxygène pour vivre et se multiplier.

Elles sont généralement considérées comme étant les plus toxiques. La dent dévitalisée devient un foyer infectieux qui peut avoir des retentissements sur tout l’organisme.

Ce foyer provoque des pathologies locales (granulome et kyste) et à distance (infection focale : dissémination des bactéries par la circulation sanguine dans tout l’organisme).

Les pathologies décrites ci-dessous peuvent se déclarer soit peu après le traitement, soit quelques années plus tard.

 

Conséquences de l’action locale des bactéries :

L’organisme se défend en isolant les bactéries anaérobies. Cela se traduit par l’apparition de foyers d’infection visibles à la radio. Ce sont des granulomes qui avec le temps se transforment en kystes (le granulome est un kyste de petite taille). Ces lésions peuvent rester silencieuses pendant des années, mais peuvent aussi se traduire par un abcès aigu.

 

Conséquences de l’action à distance des bactéries :

Pendant les années de silence, la dent infectée, va disséminer ses bactéries toxiques par la circulation sanguine à tout l’organisme. 
Ce qui peut entraîner des complications nombreuses et potentiellement graves :

  • maladies cardiovasculaires
  • affections respiratoires
  • abcès cérébral
  • surinfection de prothèse articulaire
  • sinusite
  • atteinte rénale
  • etc…

Ainsi le passage des bactéries provenant du foyer infectieux dentaire dans la circulation sanguine peut occasionner une fixation des bactéries sur des organes « cibles » tels que : le cœur, le cerveau, les articulations, les poumons, les reins ….

Chez un patient sain, les conséquences peuvent être tolérées pendant un certain temps, mais à terme, ou en cas de mauvaise hygiène de vie (manque de sommeil, stress, carences alimentaires, etc..), elles pourront se traduire par un état général altéré.

Chez un patient porteur d’une pathologie d’un des organes cités ci dessus, les conséquences peuvent être très graves.

 

CONCLUSION

Les dentistes ont l’habitude d’effectuer des dévitalisations. Dans la plupart des cas, ces traitements sont parfaitement menés, mais dans des cas de difficultés anatomiques (canaux fins, courbés, fracture de la racine non visible à la radio, etc.) le risque d’une complication est possible.

Cette complication peut être traitée par un deuxième traitement de canal ou par une résection apicale. En cas d’échec, l’extraction de la dent s’impose.

La dévitalisation constitue bien souvent la première étape de la construction d’une prothèse dentaire. Cet acte qui semble être anodin est en fait un acte majeur. Un échec peut être lourd de conséquence sur la pérennité de la prothèse et l’état général.